LES ORIGINES DES KADJARS


 

Les Qajars (ou Kadjars) faisaient partie de la confédération turcomane Oghuz. On y retrouve également la tribu Afshar, dont nous aurons à reparler, dans ce conglomérat informe de peuples barbares. Jusqu'en l'an 1000, tout ce petit monde vivait bien tranquillement sur les plateaux anatoliens.

Au XIe siècle, à cause de l'expansion byzantine, des croisades, et des Arabes, ces tribus décident de s'installer plus à l'est et pénètrent sur le territoire de l'Iran actuel.

Le nom Kadjar a, en fait, été attribué au temps des Ilkhanides (à la fin du XIIIe siècle) aux descendants de Qajar Nuyan, (nuyan étant le titre attribué aux généraux de l'armée Mongole) fils du Mongol Sertaq Nuyan, qui était atabeg (instituteur) du roi de Perse Arghun Khan. Lorsque les descendants de Qajar Nuyan et leurs cousins devinrent trop nombreux, eux et les différentes branches de la tribu furent appelés Qajars (Kadjars) d'après leur ancêtre.

En 1335, à la fin du règne de l'Ilkhanide Abu Sa'id, ils émigrèrent en Syrie, près de l'actuel Dyarbakir, et firent de cette région leur fief. 50 ans plus tard, en 1400, Timur Gurkan, 4e souverain Ilkhanide en Perse, entreprit une campagne en Syrie et en Egypte. Il en chassa les Kadjars et leur ordonna d'aller s'installer au Turkestan.

Sous les Ak-koyunlu, le roi Uzun Hassan (1441-1478) les déplace en Azerbaijan, ils s'arrètèrent à Ganja (qui prit le nom d'Elisavetpol, puis de Kirovabad en 1935) et à Erevan. Là, ils se divisèrent en 2 groupes : les YUKHARIBASH (en haut de la rivière) et les ASHSHAQBASH (en bas de la rivière). Ce fut la première subdivision. Après quoi, chaque groupe fut scindé en différentes branches, qui furent appelées de manière variée, l'une d'après sa maison, son ancêtre ou son chef ; l'autre d'après l'animal qu'il élevait : le mouton (en turc, qoyun ) et le chameau (en turc, deveh ) auquel on ajoute le suffixe -lu, qui signifie propriétaire, possesseur . De cette façon, on a :

En 1500, les Safavides, en la personne d'Ismail I Shah renversent les Akkoyunlu. Leur dynastie règnera 250 ans. Son pouvoir, au sens militaire, est fondé sur l'Ordre des Quizilbash (Têtes Rouges), qui regroupe un ensemble de tribus turcomanes toujours prêtes à aller au combat : les Runlu, les Shanlu, les Kadjars, et les Afshars.

Sous Shah Abbas I le Grand (1587-1629), le gouvernement mène une politique de centralisation. Il veut brisr le pouvoir des Quizilbash, qui contrôlaient quand-même toute l'armée. Pour cette raison, il fait diviser les Kadjars en 3 groupes : l'un qui restera à Ganja, un autre qui s'en ira à Astarabad (l'actuelle Gurgan) et un troisième, enfin, qui sera exilé à Merv. La carte ci-dessous illustre la dispersion de la tribu a partir des frontieres actuelles de l'Iran

Sous le règne de Soleiman Shah Safavide (1666-1694), Shah Qoli Khan-e Qajar Qoyunlu, le chef des Bergers, a quitté Ganja pour s'installer à Astarabad, et s'y est marié avec la fille du potentat local, qui était aussi un Kadjar Qoyunlu. De cette union, naquirent 2 fils : Faht Ali Khan, qui allait devenir l'ancêtre de la dynastie Kadjare, et Fazl Ali Khan

Ardent guerrier, Faht Ali Khan est appelé à la cour d'Ispahan, dans le palais d'Ali Kapou, où le souverain Séfévide tient à le remercier pour les services rendus à l'Etat en lui offrant sa propre épouse, Emineh. En route vers le Mazanderan, elle se découvre enceinte du Shah. Mais Faht Ali Khan décide qu'il adoptera l'enfant comme un cadeau supplémentaire de son souverain. Emineh sera traitée à Astarabad comme une reine. Peu après, l'enfant nait: c'est un garcon, et de surcroit un fils naturel du Shah: il s'agit donc d'un souverain possible pour la Perse. Il s'appellera Mohammad Hassan Khan. Suivra une soeur, Khadidjeh.