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ULB |
Professeur Philippe CORTEN
Université Libre de Bruxelles. ESP-CUNIC
Plan du cours
1-
Introduction
2-
Psychodynamique du travail (Christophe
Dejours)
a.
Idéologies
défensives
b.
Insatisfaction
au travail
3-
Stress et stress pathologique
a. Présentation
Power-Point Société Royale de Médecine mentale de Belgique
2.
Processus
de stress chronique
3.
Un modèle
des conséquences psychologiques du stress et de son traitement
4.
o Psychiatrique et Fonctionnelle
6.
Traitement
b. Livre« Stress
et Stress pathologique »
4-
Burn-out
5-
Harcèlement moral
a. Présentations Power Point
1. Harcèlement moral, traitement, réhabilitation
b. Guidelines harcèlement Moral « Clinique du stress »
6-
Us et abus de substances modifiant l’état
de conscience et travail
a.
La recherche d'états modifiés de conscience
b.
Legislation des substances modifiants les états de conscience
e.
La prévention de l'alcoolisme au travail
7-
Névrose traumatique chez les migrants
8- Diagnostics
différentiels
a.
Dépression
b.
Névrose d’angoisse
c.
Stress
Post-traumatique
d.
Hystérie
Notes
d’étudiants
Excepté le burn-out, le mobbing et
le stress pathologique, il n’y a pas de psychopathologie propre au travail.
Il existe, par contre,
-
des manières
pathologiques de travailler (Workholisme),
-
des contraintes
liées aux conditions et à l’organisation du travail et
-
des astreintes
dépendantes de la charge de travail
qui peuvent provoquer des
décompensations psychiatriques. Celles-ci présentent les mêmes symptômes mais
les causes en sont différentes.
Il n’en reste pas moins vrai que
le travail est plutôt un facteur de protection de la santé psychique.
- Le travail est un lieu privilégié
de support social où l’on rencontre 90% de ses amis, où des affinités se créent
et débouchent même sur 2/3 des mariages.
Il s’agit donc bien, au quotidien,
d’un réseau affectif, social et d’échanges.
- Le travail structure le temps
grâce à 2 axes de mémorisation :
-
l’axe
métaphorique avec son sens des choses, ses similarités
-
l’axe
métonymique avec sa contiguïté spatiale et temporelle.
- Le travail stimule l’attention,
un des pôles de la mise en mémoire avec l’anticipation ; la première seule
ne suffit pas, il faut planifier et anticiper pour mémoriser correctement.
On a fait des expériences où l’on
a pu constater que 75% des réponses s’avéraient correctes si l’on posait des
questions suivies de diapositives contre 10 à 15% quand on montrait d’abord les
diapositives et que l’on posait ensuite les questions.
L’attention a un impact sur les
capacités intellectuelles à utiliser son cerveau. En cas de privation sensorielle,
les personnes ne résistent pas plus de 48 heures et subissent une baisse de 10
points de leur QI.
Tant qu’il se passe bien, le
travail est donc un facteur structurant pour le psychisme.
Il est étonnant de constater
que le mot travail vient, étymologiquement, de «tripallium» qui signifie
instrument de torture !
Au 19ème
siècle, le mot travail est lié aux douleurs de l’accouchement. Il désignera ensuite
l’aspect punitif des camps de travail, les travaux forcés et l’esclavagisme.
Le travail est une
aliénation au sens sociologique quand on envisage le labeur du serf qui, au
moyen âge, n’avait aucun droit sur ce qu’il produisait pour son seigneur.
C’est une activité qui
permet de vivre mais pas de s’épanouir.
Au 20ème
siècle le travail est un outil de sublimation. (Freud)
La connotation péjorative
disparaît. En opposition, on parlera des œuvres (chef d’œuvre, bonnes oeuvres)
qui permettent la valorisation, l’actualisation de l’homme par lui-même. Ceci
est un leurre car toutes les activités ne sont pas forcément
épanouissantes ! S’actualiser dans son travail n’est pas l’aspiration de
tous.
Abraham Maslow a
établi une pyramide des besoins :
Physiologique
Stimulation,
protection
Amour
Estime
Actualisation avec les
notions de présentement (tout de suite) et d’acte (faire).
Tout le monde ne se
situe pas au sommet de la pyramide.
Le travail permet à
certains de satisfaire d’autres besoins.
A part le travail «artisanal»,
la difficulté du travail est qu’il implique une organisation. Qui dit
organisation dit relation à l’autorité et forcément opposition à l’aspiration
individuelle.
Une personne décide
de qui va faire quoi.
Ce lieu de protection
qui favorisait les aspects affectifs et où l’on pouvait s’actualiser et devenir
autonome est balisé d’interdictions et de sanctions (lois) qui, si elles sont
nécessaires, n’en sont cependant pas faciles à vivre.
Pour que ce système
survive, l’individu doit travailler dans 3 dimensions :
-
l’axe de
la direction
-
l’axe du
pouvoir
-
l’axe du
contrôle.
2- Psychodynamique au travail. Analyse de l’article (Ch. Dejours)
Approches de la psychopathologie au travail.
Approche
sociologique : la maladie mentale est une manifestation individuelle de
conflits collectifs, ceci met en avant les classes sociales et les cultures
plutôt que le travail en tant que tel. Citons la névrose de l’ouvrier et son
entité morbide caractéristique.
Approche
psychiatrique : le travail n’est pas la cause des maladies mentales. C’est
un facteur réactionnaire qui entraîne des désadaptations sans spécificité synchronique
alors que le travail est adaptatif comme décrit dans l’introduction.
Il existe un
courant où le travail est un moyen d’adaptation et de réhabilitation,
l’ergothérapie.
Approche
psychanalytique : l’origine du trouble mental se situe dans l’enfance. Le travail
est vécu comme une sublimation permettant de s’actualiser de façon idyllique. C’est
peut-être le cas dans un travail artisanal bien vécu mais pas dans le cadre
industriel de notre société.
Approche par la
théorie du stress : permet de mettre en évidence de nouveaux syndromes (fatigue
ou maladies somatiques) et d’étudier des situations spécifiques de travail
(création de modèles expérimentaux).
Ces théories comportent des lacunes car elles n’expliquent pas l’existence de
certains types de décompensation, ne permettent pas de prédire ce qui va se
produire et n’arrivent pas à affirmer que la cause en est le travail.
C’est une forme un
peu tautologique ne précisant pas ce qui est stressant en soi ou si notre
réaction est uniquement dépendante de la situation. On défend la cause par
rapport à la conséquence et on arrive alors à un raisonnement circulaire.
En outre il existe des
situations agréables mais qui sont sources de stress comme être dans l’ignorance
de la réciprocité d’amour.
Il y a donc une
différence entre les mots stressant et désagréable.
Approche
béhavioriste : le travail devrait être un champ d’investigation privilégié
pour cette approche or aucune étude importante n’a été réalisée.
Approche
Pavlovienne (Begoin) : a mis en évidence la présence d’un syndrome spécifique
résultant d’une tâche spécifique, par exemple la névrose des téléphonistes qui
réagissent toujours au «tut» même en dehors de leur milieu de travail.
Cette approche ne s’applique
qu’à des tâches très répétitives et est difficilement transposable aux autres
situations de travail.
Pourtant ces
approches se sont révélées être des échecs car la psychopathologie du travail
est vue comme un échec défensif. Il faudrait peut-être poser ces questions sur
les collectivités et non sur les individus.
Mais, a-t-on encore
le choix ?
Les idéologies défensives.
En ergonomie, il faut
différencier les astreintes (charges de l’individu) et les contraintes
(exigences du travail).
L’appareil mental est
en conflit avec l’organisation car elle s’oppose à la volonté de l’autre.
Le corps est pris comme cible physique des conditions de travail.
Se pose alors la
question de mesurer la charge psychique du travail et de rechercher les signes de
souffrances et les idéologies défensives qui s’y rapportent.
Pour ce faire il faut
d’abord définir les comportements insolites impliquant la collectivité
des travailleurs et qui passent pour anecdotiques, alors qu’ils apparaissent
avec une remarquable constance à l’intérieur d’une profession donnée et pas
ailleurs.
Pour exemple, on a
relevé de nombreux comportements insolites dans le bâtiment face aux dangers
qui augmentent. Le travailleur en rajoute, défie les risques pour avoir une impression
de maîtrise. C’est une stratégie de défense contre l’anxiété qui consiste à
nier le risque pour pouvoir poursuivre le travail.
Les conditions
sont remplies dans le travail collectif où tous sont soumis aux mêmes dangers
et souffrances.
Elles ne se retrouvent
pas dans l’organisation taylorienne.
L’insatisfaction au travail.
Elle résulte d’une
tâche dont le contenu ne peut être investi mentalement.
Il faut différencier
le contenu significatif et la composition ergonomique d’une tâche.
Le contenu significatif doit se révéler concret,
la valeur sociale et le statut qu’ils procurent ont un sens. Il peut y avoir un
investissement fantasmatique à l’inverse de l’Alexythymique qui ne rêve pas
mais reste dans l’agir.
L’organisation
souple du travail avec des temps morts et un contenu complexe et mobile de tâches
diminue la souffrance et l’insatisfaction. Si le travailleur n’a aucun libre
choix et est confronté à un travail divisé, son mal être augmentera.
Le contenu ergonomique représente les
exigences réelles psychomotrices, psychosensorielles, intellectuelles ou
cognitives et psychiques.
En fonction des exigences
et de l’individu, celui-ci va décharger son excitation à sa façon. Si le poste
de travail ne s’accorde pas à notre type de décharge, le contenu ergonomique du
travail est intenable. La tâche doit faire sens (qualité de vie) c’est-à-dire
être significative, plaisante et directive selon notre histoire individuelle.
Il existe des maladies mentales ou somatiques résultant
d’une insatisfaction au travail.
On observe des
névroses de comportement si le contenu significatif est inadéquat.
Si le contenu ergonomique
est inadéquat, on observe que l’équilibre psychosomatique est en danger.
Ces deux situations
mènent à de la fatigue chronique qui se soigne, mais de façon insuffisante, en pratiquant des
hobbies.
Les issues mentales
à l’insatisfaction sont des décompensations psychiatriques.
Psychopathologie du non-travail
Dans tous les
métiers, il existe une idéologie défensive qui justifie qu’on continue alors
que parfois le métier est dangereux ou déplaisant. Cette stratégie défensive s’effondre
si la faillite survient car la souffrance endurée si longtemps ne trouve plus aucune
justification. On s’aperçoit alors que c’était un leurre.
Les chômeurs sont considérés
comme des sidéens sociaux. Ils représentent une menace, une maladie honteuse de
notre société et s’inscrivent dans l’idéologie de
Certains retraités
sont amenés à une conduite de retrait qui ne serait pas due aux failles
structurales ni aux défauts de mécanismes défensifs. Cette souffrance mentale les
conduit cependant à un épuisement des ressources libidinales. Ils n’ont plus
assez d’énergie pour la vie en dehors du travail. Ils représentent pourtant un
capital humain plus qu’appréciable.
3- Stress et stress pathologique
- présentation
power point
- livre
4- Burn-out
- présentation
power point
5- Harcèlement
moral
- présentation
power point
- Guidelines
6- Usage et abus de substances modifiant l’état
de conscience
Définitions
Usage :
consommation.
Abus : usage
volontaire, généralement répété, abusif quant à la quantité ou l’effet de la
substance.
Dépendance :
usage volontaire et répété menant à une accoutumance et un manque psychique et
physiologique.
Substances:
Chocolat, tisanes,
thé, café
Alcool, tabac,
marijuana
Héroïne, cocaïne
Sports, endorphines
Modification des
comportements
Nous constatons des
modifications dans les comportements sexuels, sportifs, de médiation, etc.
Interdictions légales
En Général :
-
Drogues
illicites : sont interdites la fabrication, le commerce, la détention et
la consommation en groupe.
-
Alcools :
répression de l’ivresse sur la voie publique et la conduite avec un taux
supérieur à 0.5g
-
Médicaments
et substances modifiant la conduite automobile
-
Tabac :
lieux publics clos.
Au travail :
-
commerce de
toute substance illicite et d’alcool sauf les alcools dont le taux est inférieur
à 6% à la cantine + vins et cidres, …)
-
consommation
sur les lieux du travail sauf alcool inférieur à 6% et tabac dans des locaux
réservés à cet usage
-
imprégnation
est du ressort de la vie privée. Cependant le médecin du travail peut intervenir
s’il y a suspicion de fautes, d’absentéisme, de mauvaises performances, …
Ethnosociologie
La recherche d’états
modifiés de conscience est universelle, ubiquitaire et humaine.
La toxicomanie n’est pas une maladie de produit
mais de gestion. Elle se manifeste quand il n’y a plus de gestion convenable du
produit. Il s’agit d’un problème de société lié principalement aux jeunes et à
la cigarette.
Il n’existe pas de drogue dure ou douce mais il y a
utilisation dure ou douce de celle-ci. Par utilisation dure, il faut entendre
inhalation ou intraveineuse et par utilisation douce, ingestion, décoction ou
intramusculaire. La pureté du produit entre aussi en ligne de compte car plus
il est pur, plus il est dur.
Pour l’alcool, il est bon de savoir
-
1 verre de
bière (25cl) vaut 1 verre de vin (12cl) ou 1 verre d’alcool (4cl)
-
1
bouteille de vin vaut 6 verres.
-
On
consomme en moyenne 3 verres en 1 heure soit
Pour un homme à jeun : 0.8g et avec repas :
0.5g
Pour une femme à jeun : 1.2g et avec repas :
0.8g.
L’élimination se fait
à raison de 0.15g par heure. Donc pour éliminer les effets d’un verre, il
faudra 2 heures.
Il existe
différents seuils de tolérance :
0.5g : modification des réflexes
1.5g : ivresse
2.0g : ivresse et incoordination
3.0g : apathie
4.0g : coma
4.5g : mort.
Bien des idées fausses
circulent sur la consommation d’alcool. Relevons les erreurs circulant le
plus : il ne réchauffe pas, n’hydrate pas et ne constitue pas un
carburant.
Les effets sont différents en fonction de
la consommation.
Consommé avec modération, il est reconnu comme anxiolytique (tranquillisant),
euphorisant, légèrement stimulant. On constate cependant une baisse de la
mémorisation et une diminution des réflexes et de la douleur.
Le bon usage est
dit de récréation sociale.
Il y a mésusage
quand il est lié aux somnifères ou pris comme stimulant intellectuel et
antidépresseur.
Les signes d’alarmes du glissement sont des diarrhées, des envies lancinantes de
boire (craving), une consommation excessive quand on avait décidé de ne pas boire,
penser qu’on devrait consommer moins et entendre les remarques des proches.
Les signes d’état du glissement sont une diminution de l’effet avec des doses accrues,
des tremblements matinaux qui ne disparaissent qu’avec la prise d’un verre, la
disparition de penser à une moindre consommation. Ceci est émaillé de bagarres,
d’accidents, de retards, d’absences, …
Les 3 types d’alcoolisme et leur traitement.
- type A :
alcoolisme pathologique
-
Son
apparition est rapide et les conséquences importantes. Il y a peu de signes de
dépendance.
-
Le
traitement consiste en une abstinence radicale.
-
type
B : alcoolisme social
-
Se
manifeste progressivement et les conséquences sont relativement modérées ainsi
que la dépendance.
-
Le traitement
préconise une modération s’il n’est pas envisagé trop tard.
-
type
C : alcoolisme isolé
-
Le consommateur
boit seul, en cachette et l’apparition de cet alcoolisme est tardive. Sa
dépendance s’avère sévère et les conséquences sont importantes.
-
Le traitement
consiste en une abstinence d’au moins 2 ans suivie d’une consommation
contrôlée.
Etude épidémiologique
D’après une étude
réalisée par Vaillant, Sobell & Sobell (USA), il découle que 10 ans
après :
68% sont décédés
32% vivent
dont ¼ est abstinent
¼ reste consommateur
½ est resté alcoolique.
Alcool et travail.
Le travail représente
le premier facteur d’alcoolisme maladie.
Ainsi si l’on ne boit
qu’aux repas, 8%
Si l’on boit lors des loisirs, 26%
Si l’on consomme en travaillant, 68%.
Les causes sont variées.
Le travailleur évoque la soif, le doping et l’anxiolytique ?
Le dépistage est facilité
par l’odeur d’alcool dégagée par la personne, ses retards et ses absences, une
baisse de ses performances qualitatives et quantitatives, une baisse de
résistance physique qui se manifeste par des accidents de travail et de
fréquentes visites à l’infirmerie.
Il y a également une
modification du comportement. La personne s’isole, sa présentation laisse à
désirer et les bagarres deviennent fréquentes. Les critiques indues et des problèmes
sociaux complexes surgissent. Les ennuis financiers s’accumulent.
Attitudes à
prendre.
Dans l’entreprise il y a lieu de ne pas favoriser les attitudes
de coalcooliques.
Il n’est pas question
d’enfoncer la personne sous le prétexte de la protéger.
Avec le
travailleur, il faut entamer
un processus cognitif. Lui faire prendre conscience de sa baisse de performances,
lui parler de sa cause et lui conseiller de se faire soigner.
Avec son accord, il
faudra vérifier si son alcoolisme est synonyme de maladie en effectuant des tests
biologiques (gamma GT, tests hépatiques, volume globulaire, …) et en le soumettant
à des questionnaires (Pelc, Cage, Nadeau,…).
Avec la
direction il faudra faire reconnaître
qu’il est malade.
Tabac
Les effets du tabac
sont immédiats, de courte durée (1.30h). C’est un vasoconstricteur périphérique
qui procure une décharge d’adrénaline.
Si l’on peut parler
de bon usage, notons qu’il passe pour un stimulant intellectuel.
Le mésusage est de croire
qu’il réchauffe, qu’il détend et d’avaler la fumée.
Toxicité
Le tabac se révèle
la première cause des cancers bronchiques.
Les principaux
facteurs en sont les autres produits (papier), la chaleur de la fumée, les
goudrons, la nicotine et la quantité de tabac fumé.
Le tabac intoxique
non seulement les fumeurs mais également les non-fumeurs. On parle alors de tabagisme
passif dont les risques, même s’ils sont infiniment moindres, sont réellement
présents et bien démontrés. La proximité dans des endroits confinés accroît les
risques de tabagisme passif.
Les signes de
dépendance se manifestent par le fait de fumer en se levant, ne pas pouvoir
attendre plus de 2 heures entre chaque cigarette et en fumer plus de 10 par
jour. La cigarette est une drogue dure.
La première bonne
attitude serait de ne pas commencer ! En cas d’intoxication, il serait
souhaitable de contrôler sa consommation en apprenant à fumer pour le goût, en
changeant de marque et de forme et en modifiant les rituels liés à la
cigarette.
Pour arrêter de
fumer, il y a entre autres 3 solutions : le vouloir, le vouloir, le
vouloir !
Les patch et
chewing-gum peuvent être des aides significatives.
Le tabac fait l’objet
de lois de plus en plus restrictives dans les lieux publics fermés sauf dans
des locaux réservés à cet usage.
Dans la lutte
antitabac menée avec vigueur aux USA, si on a pu constater une baisse de 40% de
la consommation, en même temps une hausse de 120% d’amphétamines a été relevée.
Quelles sont les
possibilités proposées pour remédier au fait que les gens fument pour modifier
un état de conscience ?
Somnifères et anxiolytiques
Les somnifères induisent
le sommeil (2h) et modifient le rythme du sommeil (ondes REM). Ils diminuent l’anxiété
(8h).
Les anxiolytiques dont
la durée s’échelonne entre 4 et 24h.diminuent l’anxiété et provoquent une
baisse de la mémorisation et des réflexes
Le bon usage en sera
donc ponctuel et le mésusage sera fait de doses régulières avec l’idée de
stimulant (Roche4).
Les personnes qui
sont amenées à prendre ces médications souffrent principalement de stress, de dépression,
de vieillissement, …
Les anxiolytiques
et le travail.
La loi exige une
prescription pour la vente et ne tolère aucune consommation sur les lieux du
travail avec une interdiction de conduite automobile.
Dans l’entreprise
il devrait y avoir un programme stress et des informations destinées aux travailleurs.
On se basera sur les performances mais l’assuétude étant progressive, il y a
rarement un usage récréatif. Ces personnes sont en général plus difficiles à
traiter que les alcooliques.
Il faudra faire
reconnaître par la direction que la personne sous anxiolytiques est malade.
Amphétamines
Elles sont fort
utilisées dans les pays anglo-saxons et peu dans les pays latins. Leur effet
est de procurer un sentiment stimulant de toute puissance et de rester éveillé.
C’est un anorexigène qui, pris en continu, augmente considérablement les
dépressions.
Le bon usage se doit
d’être ponctuel car c’est un psychostimulant.
Le mésusage se
retrouve dans les cures d’amaigrissement, en prises continues, pour lutter
contre le stress et augmenter les performances. Les risques cardiaques ne sont
pas à négliger.
Elles amènent à
prendre des risques dans le milieu du travail et conduisent à des distorsions cognitives.
Ces personnes s’imaginent, à tort, qu’elles mémorisent mieux et maîtrisent les
situations.
Opiacés
Les produits et dérivés
sont l’opium et l’héroïne. Sous forme de médicaments, on les retrouve dans la
morphine, la codéine, le méphénon, la méthadone, …
Ses effets sont
multiples.
Primaires :
calmants, narcotiques, puissant anti-douleur et euphorisant
Secondaires : provoque
constipations, nausées et, à la fin de l’effet, un réveil des récepteurs
nociceptifs.
Le bon usage est
médical, ponctuel et pris comme anti-douleur ou substitution sinon aucun usage
n’est bénéfique.
Le mésusage serait une
prise régulière et sous forme d’injection ou d’inhalation.
Les opiacés sont
interdits sur les lieux de travail (voir supra).
La durée d’action de
la méthadone est longue (24h), moins euphorisante et légale mais des tests d’aptitude
pour des postes à risques sont préconisés.
Cocaïne
La cocaïne a fait
une apparition récente mais elle est en nette augmentation et sa pénétration
est forte. On la rencontre surtout parmi les cadres des entreprises américaines
ou chez les junkies qui la consomment à défaut d’héroïne ou pour compenser la
sédation.
Ses effets
euphorisants, excitants et désangoissants sont contrebalancés par une action de
flipper à la fin de l’effet qui ne dure qu’un temps très court (1.30h) et par
une accoutumance rapide.
Freud donne de nombreux
exemples de bon usage …
Le mésusage est lié
aux doses élevées, aux prises en continu pour rester efficace et lutter contre
le stress.
Sur le lieu de
travail il y a lieu de procéder à une évaluation correcte des risques.
Ecstasy (xtc)
C’est un dérivé d’amphétamines
mais en plus puissant que celles-ci. On le trouve surtout dans les boîtes de
nuit et les lieux ou se pratique la musique «house».
Ses effets
primaires sont une baisse de la fatigue, un sentiment de toute puissance, des
sensations augmentées et une levée des inhibitions sociales.
Ses effets secondaires
sont surtout liés à un épuisement très fort qui peut s’avérer mortel, des
poussées de violence paroxystique et des problèmes cardiaques.
Il n’y a pas assez
de recul pour parler de bon ou de mauvais usage.
Il y a par contre de
nombreux inconvénients liés à l’impureté du produit, le manque d’informations,
l’apparente innocuité et les distorsions cognitives. Les prises de risques sont
aussi là.
Au travail, la prise
du week-end est suivie d’absentéisme du lundi. Les lundis qui déchantent.
7- Cycle motivationnel
8- Névrose traumatique chez les migrants
Préliminaires
Il y a les
accidents de travail et des invalidités précoces (40 ans) et un vieillissement
physiologique (20 ans), social (pension) et culturel.
Introduction
La personne migre de
son pays (Europe du Sud, Maghreb, Afrique) et s’insère dans le nouveau pays sans
difficulté apparente. Cependant un processus lent s’installe à l’insu de la
personne après 10 à 15 ans de migration. Son cadre culturel rompu, ses racines
coupées, sa famille éloignée et les problèmes sous jacents de transmission et
de filiation font qu’elle subit ensuite un traumatisme, le plus souvent révélé
par un accident de travail (choc brutal). Dès lors elle ne peut plus travailler
et les événements de la vie quotidienne (naissance, décès, mariage,…) ravivent
le choc. Elle est vulnérable (choc durable) et ressent une marginalisation et
une désinsertion sociale qu’elle ne ressentait pas auparavant. On observe alors
une triade : effroi, surprise, non-préparation.
La personne se trouve
dans un état de stress post traumatique accompagné de non-sens. Elle s’adresse
donc à la médecine pour y donner sens, ce qui provoque un malentendu et on
entre alors dans un cercle vicieux. Elle ne reçoit ni apaisement, ni
compréhension, ni explicitation car la médecine répond souvent de façon
uniquement biologique. Elle, elle attend de nouveaux modèles référentiels, d’où
accroissement encore de sa vulnérabilité.
Description clinique du trouble PTSD
Le signe pathognomonique
de la névrose traumatique est le syndrome de répétition. L’état prédominant de
dépression est souvent masqué par des plaintes somatiques. On note également
une importante altération de la mémoire. Les troubles somatiques sont divers
mais on constate surtout un mauvais état général.
Les signes d’angoisse
et le caractère revendicatif de ces patients sont surtout liés au système médical
qui ne restitue pas un sens à leur souffrance. L’évolution devient chronique et
va s’aggraver si rien n’est tenté pour endiguer le processus de dégradation.
9- Diagnostics différentiels
Il existe
différentes notions de la norme (entre normal et pathologique) :
-
l’idéal
culturel ou philosophique
-
le
comportement social
-
la
moyenne de la population,
mais il n’existe pas
de seuil où l’on passe rapidement de l’un à l’autre. Il en résulte une
difficulté de poser des critères pour les maladies mentales et les déterminer.
Il y a 3 niveaux
pour établir un diagnostic
1/ critères de
pathologie : une souffrance significative de l’individu avec un impact sur
son fonctionnement, son comportement et le vécu quotidien
2/ détermination du
syndrome : on ne se contente pas de relever les symptômes, on tente de trouver
un syndrome ou un ensemble de symptômes qui l’accompagnent
3/ l’établissement
du diagnostic : il faut déterminer la cause de la maladie pour savoir s’il
s’agit ou non d’un syndrome (ex. grippe - <froid, virus
A- 3 symptômes sont
obligatoires :
1.
la disphorie
– sentiment émotionnel non euphorique (tristesse)
2.
la perte d’intérêt
pour les activités qui procurent du plaisir (absent chez le stressé)
3.
la durée
des symptômes : s’il y a absence de cause et 15 jours de latence on parlera
de dépression endogène alors qu’il n’y aura pas de problème si la cause est
connue ( rupture, deuil, ..) et qu’il y a de 2 à 6 mois de latence.
B-Les symptômes
complémentaires (nécessaires mais pas de leur totalité)
1.
la
fatigue
2.
les maux
de tête et de dos
3.
les
troubles du sommeil
4.
les
troubles sexuels
5.
les troubles
alimentaires (beaucoup ou peu avec changement de poids)
6.
l’apathie
(souvent) ou l’agitation (rare)
7.
les
troubles de la mémoire et de la concentration
8.
les
crises de larmes
9.
l’envie
de mourir ou des tendances suicidaires
10.
le
pessimisme
11.
l’auto-dépréciation.
La dépression réactionnelle et endogène
La dépression
réactionnelle survient souvent après un événement engendrant de la tristesse et
où l’on doit faire son deuil.
La dépression endogène
survient après un événement qui n’engendre pas normalement de la tristesse ou
alors sans aucune cause.
Traitement
Axe 1 = les
antidépresseurs
Il n’y a que peu de
dépendance, une efficacité sur tout un chacun et ils sont adaptés aux deux
formes de dépression mais se révèlent insuffisants pour la dépression réactionnelle.
La prise durera entre 15 jours et 3 semaines.
Axe 2 = la
psychothérapie
Elle vise à la
compréhension du problème.
La névrose d’angoisse – peur, phobies, angoisse, anxiété
La peur est un sentiment de crainte motivée en présence à une situation ou un objet
La phobie est un sentiment de crainte non-motivée en présence à une situation ou un objet
L'anxiété et l' angoisse sont des sentiments de crainte motivée ou non, apparraîssant en dehors de la situation ou de l'objet
L’angoisse est une manifestation somatique de l’anxiété qui se situe elle au niveau des pensées.
C’est un phénomène
normal.
Il y a pathologie s’il
y a démesure, persistance et invalidité. La cause en est généralement une situation
avec risque d’abandon.
Le stress post traumatique
A- Symptômes
obligatoires
1.
Présence d’un
traumatisme patent (vie en danger, agression, prise d’otage, …)
2.
La personne
revit l’événement par des flash, en rêve et a une impression de reproduction
future.
3.
Émoussement
de la réactivité manifestée par des «ça ne me touche pas», un désintérêt et une
baisse d’affection.
B- Symptômes
complémentaires (nécessaires mais pas dans leur totalité)
1.
sur le
qui-vive
2.
troubles
du sommeil (insomnies)
3.
culpabilité
d’avoir survécu
4.
syndrome
de Stockholm
5.
troubles
de la concentration et de la mémoire
6.
tendance à
éviter les lieux ou les choses rappelant l’événement
7.
aggravation
des symptômes quand la personne est confrontée au lieu ou à la situation du
traumatisme
L’hystérie
o
N’importe
quel syndrome
o
atypique
o
involontaire
et
o
procurant
des bénéfices secondaires.
D’un point de vue phsychodynamique,
il existe des éléments de sexualité refoulée et de rivalité œdipienne.